Les vendanges

VENDANGES 2012

Les vendanges

Passe un ange
Dans le bleu du ciel
C’est les vendanges
Ce nectar sera mis en bouteille

La fête bat son plein
Les boissons coulent a flots
Chacun entame un refrain
Sous un soleil si beau

Ce beau raisin va être pétri
Sous la force de la presse
Il fera un bon Bordeaux Supérieur
Notre bouche il caresse

Il sera mis en fût
Une longue période il dormira
Ne soyez pas trop déçu
Les papilles il chatouillera

Le palais il vous embaumera
Avec sa robe de belle couleur
Doucement il vous endormira
Vous offrant toute sa saveur

Jean Claude Lemesle

L ARRIVEE DE LA VENDANGE VERS LE CUVIER

La presse est chargée, il est temps maintenant de répartir les baies qui vont servir une fois pressées à faire un vin de presse. Papy Georges s’affaire à cette tâche avec sérieux, et toujours autant de passion pour ce petit domaine qui fut le fruit de ses efforts. C’et avec fierté qu’il passait la main à son fils, Jean Marie, mais c’est aussi avec peine qu’il voit les difficultés actuelles pour maintenir viable son bébé chéri.

SOUTIRAGE DE BARRIQUES VERSION ANCIENNE

Vous pouvez assister au soutirage de barriques, avec du matériel d’époque, vous constatez ainsi que nous travaillons dans le respect du savoir et du matériel de nos anciens.

Comme déjà expliqué, lorsque la fermentation alcoolique est terminée, c’est à dire qu’il n’y a plus de sucre dans le jus, celui-ci est devenu du vin. On soutire donc le liquide, et l’on sort les grains de la cuve, à l’aide du décuveur, via le pressoir. On presse ainsi le jus, pour en extraire du vin qu’il peut encore contenir. C’est le vin dit de « presse » que l’on incorpore après plusieurs soutirage, car il contient davantage de « lie » après analyse, en fonction de son acidité « volatile ».

LES PREMIERS SOUTIRAGE ET DEJA UNE BELLE COULEUR

Après avoir débourbé, puis soutiré notre rosé, sa jolie couleur commence à apparaître, et déjà il commence à être moins trouble. Sa fermentation alcoolique est terminée, dans quelques temps, après un collage à la « bentonite » (pas question d’utiliser le blanc d’oeuf pour filtrer les rosés, très peu recommandé) nous pourrons le mettre en bouteille. Mais ça n’est pas pour de suite. Nous laissons l’acide malique, qui lui donne un caractère de fraîcheur, que j’apprécie tout particulièrement, et très agréable en bouche. Nous faisons le rosé que nous apprécions avant tout.

ECOULAGE AU FEMININ

Comme chaque année, la dernière cuve sera écoulée version féminin. Je m’arme de toute mes forces, mon énergie, pour essayer de charger le décuveur, en tentant de suivre sa vitesse.

Cela n’a l’air de rien, mais c’est une opération très pénible, encore davantage pour une femme. L’air confiné de la cuve, la chaleur et les odeurs d’alcool ont vite fait de vous affaiblir, de vous faire être essoufflée comme si vous fumiez deux paquets de cigarettes par jour (ce n’est pas le cas). Je peine, je transpire, mais je suis allée au bout, je peux vous dire que ça vaut deux heures de gym tonique.

DEBUT DES ECOULAGES

Après avoir récolté, égrappé et foulé, et acheminé dans des cuves en inox ou en ciment, le raisin, la fermentation alcoolique peut se faire.

Sans ajout de levures exogènes, seules les levures présentes dans le chai (indigène) interviennent au cours de la fermentation.

En fonction du millésime, plusieurs remontages, délestages sont effectués.

La durée de cuvaison peu être de deux à trois semaines selon les année et le vin désiré (souple ou léger, tannique et concentré).

La vendange est ensuite écoulée, dont vous avez eu le détail sur le diaporama ci-dessus. C’est une opération très pénible physiquement.

Puis intervient la fermentation malolactique, toujours sans ajout de produits extérieurs, opération plus ou moins longue, mais chez nous, nous laissons faire la nature.

Le vin est ensuite soutiré, en barriques pour le Bordeaux Supérieur, destiné à être vendu en bouteilles, en cuve inox pour la vente au négoce.

Tout au long de l’année, plusieurs soutirages seront effectués en concertation avec notre oenologue qui nous conseille tout au long de la vinification. Il contrôle la bonne qualité des vins, c’est obligatoire.

Elevés chez nous entre 12 et 24 mois en barriques, nous privilégions un élevage un peu plus long.

Comme nous faisons de petites cuvées, cela nous permet de procéder à l’ancienne pour le collage. Nous utilisons donc du blanc d’oeuf, que nous montons en neige,  et que nous incorporons dans les barriques, afin de filtrer le vin.

Puis viendra le moment des assemblages, réalisés pour la mise en bouteilles.

Pour notre cuvée « PRESTIGE DE SABINE » le temps d’élevage est très long, car nous n’intervenons pas, nous laissons faire la nature, et son temps en barrques est de 24 mois.

Pour obtenir le rosé, nous pratiquons des saignées sur des cuves non encore fermentées.
Un débourbage est alors effectué . La fermentation alcoolique se déroule ensuite à bassetempérature, (18 à 20° si possible ), un ou deux petits remontages peuvent être effectués selon les besoins.
Un soutirage intervient ensuite, puis un collage avec de la bentonite, pour clarification. La fermentation malolactique n’est en général pas souhaitée.

VENDANGES 2011


Le soleil  qui nous guide est déjà bien présent en ce début de vendange 2011, c’est dans une ambiance très détendue que la cueillette va commencer.

 

Avec un printemps particulièrement chaud, nos vendanges ont quelques jours d’avance.

 

De belles grappes bien charnues, laissent transparaitre que nos vignes n’ont pas du tout souffert de la chaleur et du manque d’eau.

 

Afin de conserver une méthode de travail à l’ancienne à cent pour cent, c’est avec une infinie précaution que nous trions, une première fois par  le vendangeur, une seconde fois, sur une table de trie, que nous avons nous même confectionnée. Rien ici, de technique pas de trieuse optique, de machine toutes aussi sophistiquées et coûteuse, non une tâche que nos ancêtres savaient manier et qu’ils nous ont transmise. NOus tenons à la conserver.

Il faut bien dire que faute de finance, nous devons ruser d’ingéniosité pour tenter de survivre, et nous nous avons privilégier le travail à l’ancienne.

DANS LA BONNE HUMEUR

VENDANGES DU PETIT VERDOT

Notre petit verdot centenaire envirron, produit des raisins d’une très grande et pécieuse qualité. Grâce à des arrières saisons plutôt ensoleillées, ces dernières années, sa récolte est tardive, envirron trois semaines après les merlots.

Une maturité exceptionnelle permet de concentrer les tanins, les anthocyanes (couleurs) et les degrès très élevés.

 

Une cuvaison est longue et tranquille.La fermentation alcoolique se fait seule, c’est un cépage qu’il ne faut surtout pas brusquer, stresser. Ce sera la nature qui régule le cycle.

 

Le savoir du viticulteur pour ce cépage est primordial, il nous a été transmis par GEORGES LAFON qui découvrit les valeurs exceptionnelles de ce vin à cépage unique.

 

Si le Petit Verdot occupe rarement plus de 5 % des propriétés à Bordeaux, certains producteurs, comme nous,  ne veulent pas s’en passer, car, récolté bien mûr, c’est un “bonus” pour les maîtres de chais et les œnologues.

 

Alors, sa forte personnalité suffit à modifier profondément les caractéristiques d’un vin.  Il  est utilisé pour son intensité colorante, pour sa structure tannique et pour sa force aromatique, marquée par des notes de violette.

 

 

DE LA VIGNE AU CHAI

Les vendanges

Les choses qui chantent dans la tête
Alors que la mémoire est absente,
Ecoutez, c’est notre sang qui chante…
O musique lointaine et discrète !

Ecoutez ! c’est notre sang qui pleure
Alors que notre âme s’est enfuie,
D’une voix jusqu’alors inouïe
Et qui va se taire tout à l’heure.

Frère du sang de la vigne rose,
Frère du vin de la veine noire,
O vin, ô sang, c’est l’apothéose !

Chantez, pleurez ! Chassez la mémoire
Et chassez l’âme, et jusqu’aux ténèbres
Magnétisez nos pauvres vertèbres,

Paul Verlaine

Notre tracteur, acteur principal dans l’entretien du vignoble.

Le Pressoir

À Auguste Vitu

Sans doute elles vivaient, ces grappes mutilées
Qu’une aveugle machine a sans pitié foulées !
Ne souffraient-elles pas lorsque le dur pressoir
A déchiré leur chair du matin jusqu’au soir,
Et lorsque de leur sein, meurtri de flétrissures,
Leur pauvre âme a coulé par ces mille blessures ?
Les ceps luxuriants et le raisin vermeil
Des coteaux, ces beaux fruits que baisait le soleil,
Sur le sol à présent gisent, cadavre infâme
D’où se sont retirés le sourire et la flamme !
Sainte vigne, qu’importe ! à la clarté des cieux
Nous nous enivrerons de ton sang précieux !
Que le cœur du poète et la grappe qu’on souille
Ne soient plus qu’une triste et honteuse dépouille,
Qu’importe, si pour tous, au bruit d’un chant divin,
Ruisselle éblouissant le flot sacré du vin !

Théodore de Banville, Les Cariatides (1842)