Conduite du vignoble

La vigne est préalablement taillée, à la mi-février jusque fin mars,  il ne reste sur le cep que les deux branches pour la taille guyot double.

Le courson ou le cote,  la branche la plus basse  est raccourci à deux yeux (ou bourgeons). Ils donneront le courson et la baguette ou aste, de l’année suivante.

L’aste  est taillée long, de sorte qu’il y reste de trois  à quatre yeux. Si on ne doit pas laisser plus de quatre branches maximum pousser sur la baguette, on peut néanmoins tailler plus long et rectifier à l’ébourgeonnage, pour espacer les pampres et ne laisser que les mieux orientés.

L’aste  est aussi « nettoyée », c’est à dire débarrassée des vrilles et des entre-coeurs, sans faire de zèle en les coupant trop ras au risque de supprimer les bourgeon latents.

Les jeunes plants gardent, selon leur âge, un ou deux coursons de deux yeux. Les vignes les plus jeunes sont souvent entièrement taillées puis sarmentées à cette période de l’année.

La taille d’une vigne préalablement démontée ou pré taillée, est rapide.

Si le sécateur à main à poignée tournante est plus précis, son utilisation intense occasionne crampes et tendinites. Le sécateur électrique à l’avantage d’éviter ces pathologies.

 

Affutage du sécateur à main. À droite, cep taillé en guyot simple chez nous taille à guyot double.

Les fils rompus sont raboutés.

Si la réparation n’est pas trop loin du bout de rang et qu’il y a de la marge (si le fil est enroulé plusieurs fois autour du piquet d’embout) le fil est détaché de ce piquet pour récupérer un peu de longueur, on répare et on rattache. Sans quoi on rapièce avec une petite longueur de fil. Il existe aujourd’hui des petites pièces métalliques, les “gripples”, qui permettent une réparation rapide, il sont aussi utilisés en bout de rang pour retendre les fils. Les crampillons et clous manquants sur les piquets sont remplacés. L’arrimage du piquet de tête est à vérifier également. Quoique très solide, quand il est accroché par le tracteur, soit le fil rompt, soit l’amarre est arrachée du sol.

UN GRIPPLE.

le travail du sol

MERCREDI 23 MAI 2012

Le beau temps du mois dernier, nous avait autorisé  à nous lancer et de bien avancer dans l’entretien du sol de nos vignes.  Ne perdons pas de vue, que nous sommes sur des terres argilo limoneuses, dès qu’il pleut c’est de la boue assurée.

Jean Marie et son tracteur s’affère à aller et venir dans les rangs afin de travailler les sols, car chez nous, nous avons bani les désherbants beaucoup trop coûteux. Puis quelques herbes dans les rangs ce n’est pas si grave. Georges, mon beau- Père me disait de mon temps, il n’y avait pas une herbe dans les vignes, qui étaient travaillées, cavaillons tirés, j’embauchais du monde pour nettoyer entre les pieds. Nous utilisons du matériel tout simple, d’époque, les vieilles charrues, le girobroyeur, le rotavator, et nos charrues Mais que reste t il des labours ? beaucoup les ont abandonnés pour le désherbage chimique.

Chez nous, nous ne voulons stresser la vigne, donc, nous passons les engins le moins possible. Il n’est pas rare de voir de l’herbe dans les rangs, et cela plait beaucoup à nos visiteurs.

 

NOTRE TRACTEUR

EPAMPRAGE INACHEVE ET DEJA LE RELEVAGE.

Nous pratiquons ce que l’on appelle le relevage.

 

Cette action consiste à relever la vigne qui s’étale sur le sol, entre les deux fils supérieurs à l’aide d’agrafes. A chaque fois, les fils sont montés et des agrafes sont posées. Ainsi, la vigne ne traîne pas sous les roues du tracteur. Le relevage n’est praticable seulement dans les vignes dites palissées (avec des piquets et des fils).

LA VIGNE EN PLEINE FLORAISON

Fin mai, début juin, une étape très importante se déroule : la floraison.

Les fleurs s’ouvrent,  se développent,  le capuchon floral se sépare du réceptacle, laissant apparaître le futur grain de raisin. (vous pouvez déjà les voir sur les photos)

Un bon déroulement de la floraison du beau temps, de l’ augure  pour une future belle récolte.

A l’inverse, s’il  avait plu et qu’il avait fait froid sur la fleur, les graines auraient avorté : ce sont les phénomènes de coulure et de millerandage.

 

Nous pouvons profiter, le soir venu, de ce particulier parfum incomparablement subtil exhalé par les milliers de fleurs de vigne.

 

Nous pouvons déjà apercevoir quelques graines, alors que nous aurions dû attendre mi juin  pour les apercevoir.

POURQUOI LA VIGNE NE CRAINT PAS LA SECHERESSE

la vigne aime les sols secs, ou disons, « peu  humides ».

Alors même s’il n’est tombé que quelques gouttes ces trois derniers mois, pas de quoi s’alarmer.

les vignes prennent leurs racines très en profondeur .
C’est pourquoi pendant la canicule, en 2003, la vigne était toujours verte alors que tout avait grillé autour. Cette année là, nous n’avions pas effeuillé le vignoble, ou juste quelques jours avant les vendanges, pour faciliter le travail des vendangeurs.

Tout peut basculer

La sécheresse actuelle présente d’autres avantages, car elle retarde l’apparition du mildiou.

 

De notre côté, nous pratiquons la lutte raisonnée, c’est à dire que nous ne traitons pas t’en qu’il ne pleut pas. Mais soyons vigilent, une autre maladie nous guette, c’est l’oïdium, champignon dévastateur, sur nos terres argilo limoneuses humides, le champignon est à son comble pour se développer.

 

L’oïdium qui fait son nid des nuits fraîches et des journées plutôt chaudes, présente la particularité d’être difficile à appréhender. « Alors il faut rester très prudent »

Nous n’en gardent donc pas moins les yeux rivés vers le ciel, nous aussi, les risques d’orages surtout de grêle sont loin d’être écartés.

Quant à la pluie, tombera t elle d’ici juillet ou août ? Nous parlerons des conséquences de son absence dans deux mois. Nous n’en sommes pas encore là, en 2003, l’année de grande sécheresse, les vendanges n’avaient pas débuté plus tôt.

 

LES LABOURS

Ces derniers jours, et par des jours et des jours sans pluie, le labour est compliqué. Un, puis deux passages des disques, puis un passage de charrues. Vous pouvez apprécier le résultat, pas mal, pour du vieux matériel.

 

Le tassement du sol diminue l’espérance de vie des ceps or les meilleurs vins se font avec les plus vieux ceps !

 

Voilà une bien drôle d’année, la vigne a trois semaines d’avance, drôle de saison, pas une  de pluie depuis des jours, la terre est dure, et la vigne va devoir aller chercher la fraîcheur en profondeur.

 

Des traitements qui s’espacent, l’herbe qui ne pousse presque pas, et voilà un millésime particulier qui se prépare. Là ou d’autres prient les dieux de la pluie, nous croisons les doigts pour que la pluie ne fasse pas son apparition sous forme de trombe d’eau, d’orages de grêle, enfin nous croisons implorons les esprits de bonnes augures, d’épargner notre vigne. Vous l’avez bien compris, nous sommes un peu stressé.

 

 

PAS LE TEMPS DE SE REPOSER. C EST PARTI POUR L EPAMPRAGE

La pampre est un rameau non fructifère qui pousse sur la souche, ou sous le porte greffe. L’épamprage consiste à éliminer toutes ces repousses. C’est une tache longue et pénible.

L’épamprage permet :

  1. d’éliminer des rameaux non fructifères et de contrôler la vigueur de la vigne,
  2. de limiter l’encombrement des souches, de permettre une meilleure aération de la végétation, un meilleur état sanitaire en réduisant notamment le risque de contaminations primaires de mildiou ou d’oïdium.

L’acanage consiste à attacher les ceps aux piquets et aux fils de fer en utilisant une ficelle un peu élastique.  Il faut faire un neoud et puis couper la ficelle.

DESCRIPTION DE L EPAMPRAGE. (vidéo de mauvaise qualité)

Priorité au pliage, la tonte et le travail du sol viendront après » MERCREDI 27 MAI « La vigne a plus de quinze jours d’avance, nous avons quinze jours de retard », lance Jean-Marie, mon époux. Nos vignes de cabernet Sauvignon sont à cinq feuilles étalées et nous ont pris de court pour le pliage. « Nous n’avons pas le choix, nous devons nous concentrer sur cette tâche. Nous avons donc abandonné tous les autres travaux, de tonte, et de remise en état du vignoble. Nous savons que nous allons devoir mettre les bouchées doubles pour rattraper le retard concernant l’entretien du sol (les labours, changer les piquets cassés, et réparer les fils coupés). « Quand le pliage sera terminé (reste dix rangs),le tracteur ne va pas dormir. Mais un problème vient d’être détecté au niveau de la boite à vitesse. Un levier de vitesse est en commande, on espère que la panne ne sera pas plus importante. Nous devions remplacer les pieds morts, mais nous allons devoir nous résigner à abandonner cette tâche, car des dépenses imprévues, sur le tracteur, sur la capsuleuse dont le moteur a grillé, et sur le fait, que mes ennuis de santé font à nouveau parler d’eux. cependant, nous sommes heureux face à nos parcelles : « La vigne est jolie, les sorties sont homogènes, il n’y a pas un bourgeon qui ne soit pas sorti (si quelques uns tout de même, mais peu). Si on évite les gelées, on est sur une configuration d’année extraordinaire. Et pour l’heure, pas de risques de maladies à l’horizon. Heureusement, car on serait incapable d’assurer les traitements. Nous envisageons un simple traitement au soufre, du bio pour l’instant, si cela pouvait durer, mais pas avant la fin de la semaine, trop débordée. »

LE PLIAGE DE LA VIGNE

Vous avez pu voir le pliage des bois de taille, à l’aide d’une plieuse électrique. Autrefois, il était utilisé une plieuse à main.

Plieuse utilisée par nos anciens.

Voici les bobines bio dégradables pour plieuse électrique

Plieuse électrique, munie d’une batterie que j’utilise pour le pliage. Cet appareil, facile le travail, et ainsi je vais beaucoup plus vite qu’avec la plieuse à l’ancienne.

LE SECAILLAGE (ou remise en état du vignoble).

UN TRAVAIL PHYSIQUE TRÈS PÉNIBLE

Le sécaillage est une opération très pénible. Elle consiste à remette en état le vignoble. Changement des piquets cassés, des fils de fer sectionnés, tendre les fils de pliage, afin de faciliter le travail de pliage des bois de taille. Opération longue et coûteuse.

BROYAGE DES SARMENTS.

La taille de la vigne est l’opération la plus importante de l’année car c’est elle qui va déterminer l’évolution du cep au cours de sa croissance.

Le tailleur choisit alors la forme du pied et la quantité de grappes qu’il va produire.

Il faut savoir que la vigne est une liane, par conséquent elle a tendance à s’allonger chaque année. Il faut alors en maîtriser le développement pour éviter la production de rameaux au détriment des fruits.

En taillant, on supprime totalement certains sarments et partiellement les autres afin de ne conserver que le nombre de bourgeons voulus. Ainsi, on régularise la production, le développement végétatif et la vigueur. Cela va permettre une bonne maturation des baies et un bon aoûtement des rameaux assurant ainsi la mise en réserve et la longévité des souches.

La taille a trois objectifs principaux :

– limiter l’allongement de la souche

– limiter le nombre de bourgeons

– régulariser le nombre et le volume des baies : la quantité de récolte portée par un rameau dépend principalement de la variété du cépage, de la position du bourgeon qui a donné naissance au rameau et des conditions climatiques pendant la floraison. Bien sûr, d’autres facteurs tels que les maladies et les conditions climatiques durant la croissance influent également sur la quantité de la récolte.

 

Par la taille on recherche aussi à minimiser les conséquences des plaies de taille, à équilibrer la végétation sur la souche et à garantir la pérennité de la plante.

Ainsi, devant un pied de vigne, le tailleur doit tenir compte:

– du cépage, savoir s’il est fertile ou non, productif ou non

– de sa vigueur, en laissant plus ou moins le nombre de bourgeons effectivement débourrés.

– de la position du bourgeon qui va déterminer le nombre de grappes portées par le rameau issu de ce bourgeon, ainsi que sa position dans l’espace, à savoir si le rameau va se développer dans l’alignement du rang, ou bien s’il va dépasser du rang

La taille peut s’effectuer pendant toute la durée de repos végétatif, c’est- à-dire de la chute totale des feuilles jusqu’au débourrement.  Les jours de fortes gelées, nous évitons de tailler, car les sarments deviennent alors cassants. Les coupes sont peu nettes et peuvent entraîner un éclatement des tissus internes du sarment.

De plus, les parcelles gélives seront taillées tardivement. En effet, les tailles tardives retardent le départ en végétation et favorisent ainsi la lutte contre le gel. A cette date, nous allons terminer ce week-end la taille (taille achevée le 08 avril 2011). Nous avons choisi de la commencer tard, car par le passé, nous avons été confronté au gel (le 07 avril 2009, une forte gelée, a détruit une partie de notre vignoble).

De même, le Cabernet sauvignon, plus fragile, devra être taillé en dernier, lors des pleurs, pour éviter l’intrusion de spores de champignons responsables des maladies (esca, euthypiose,…).

Lors de la formation initiale de la souche, les premières années de plantation, il faut définir la forme de la souche voulue. Elle dépendra du système de taille recherché, longue ou courte. Pour la première, on taille le ou les sarments conservés en laissant   4 bourgeons sur la latte (ou aste  selon les régions).

Pour ce type de taille, on formera sur la souche deux  bras (guyot double) ou bien un bras (guyot simple).Chez nous, ce sera le guyot double.

Les tailles courtes sont caracterisées par des coursons (ou cots ou retours), qui sont des sarments taillés à 2 ou 3 yeux (bourgeons).

TAILLE CABERNET SAUVIGNON. (sécateur électrique)

Nous avons une priorité, proscrire le désherbant, soyons honnète, nous n’avons pas les moyens de nous en procurer. Quelques herbes qui fleurissent ici ou là, n’apportent aucun désagrément au vignoble. Donc par force, nous protégeons la nature.

 

UN NOUVEAU PIED

L’histoire de la vigne et du vin accompagne l’histoire de l’humanité depuis des millénaires. Comme l’homme, le cep est varié, changeant, souvent imprévisible. Le vin est fruit de la terre comme du travail des hommes, lié à ceux-ci par une complicité profonde. Un débutant voit dans la vigne des plants bien ordonnés, alignés tels des militaires, tous identiques.

Pourtant, chaque cep, est différent et vit son aventure individuelle tout en étant encadré afin d’éviter que la nature ne reprenne le dessus, nous privant alors de son vin : les tailles successives, D’autres travaux restent indispensables pour les canaliser.